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lundi

Mazatlan et Isla de la piedra










Septembre 1999,
en descendant du bus qui me dépose à Mazatlan (Sinaloa Mexique) je n'imagine pas que je vais rester neuf ans dans cette ville.

Mon sac au dos et mon clavier sur l'épaule, je suis exité à l'idée de découvrir un nouvel endroit de la planète.
L'autobus ( on dit "camion' " en espagnol) qui m'a emmené depuis Tijuana était équipé d'air conditionné heureusement car le voyage est long, plus de 24 heures pour effectuer les quelques 1.500 kilomètres.
Tijuana est une ville frontalière avec les Etats-Unis, ou les jeunes viennent passer le week-end pour fumer "l'herbe qui fait rire" et faire la fête, on peut y boire de l'alcool à 18 ans mais on doit attendre 21 aux States. Les prix sont plus sympas aussi, il y a des chambres indépendantes modestes à louer pour 100 à 150 pesos. Mais c'est une ville très loin de représenter le Mexique. Des vendeurs vous arrêtent constemment pour vous proposer d'entrer dans leur restaurant, boutique ou bar avec nu intégral ... Parti de San Diego le matin et après une heure dans le centre ville, je zappe.
"Central camionera", les billets pour Mazatlan sont aux alentours de 800 pesos. Une compagnie, Estrella blanca a son propre terminal et j'ai fait une fois le voyage avec leur compagnie pour 600 pesos, sans air conditionné (pas du tout recommandé) et dans un bus qui faisait le bruit d'une voiture de rallye mais a mis plus de 30 heures à faire le voyage. Les autres compagnies se valent.


Mazatlan, il fait vraiment très chaud, 80% d'humidité en moyenne, je décide de prendre une "pulmonia", un taxi typique de Mazatlan, pas de portes ni lunette arrière. Le prix d'une course en taxi est actuellement de 30 à 40 pesos dans le centre. J'ai consulté un exemplaire du "Lonely Planet" à San Diego, et demande au "taxista" de me conduire à l'hôtel Lerma dans la vieille ville. 80 pesos la chambre en 1999 avec douche dans la chambre. J'y resterai plus d'un mois. La ville fondée officiellement en 1531 par Nuño Guzman était depuis longtemps territoire d'indiens, trois tribus cohabitaient dans la région, les Totorames, les Xiximes et les Cahitas, quand les Xiximes qui vivaient en région montagneuse manquaient de nourriture, ils descendaient attaquer les autres tribus et étaient cannibales.
Plus récemment et pendant de nombreuses années, Mazatlan fut le fief des grands "narcotraficantes" (trafiquants de drogues). Le développement du tourisme en provenance des Etats-Unis et Canada a changé les choses. Le gouvernement des Etats -Unis en particulier s'est montré très ferme sur la nécessité de chasser les "narcos" de Mazatlan en faveur du tourisme. Les grandes têtes du "narcotrafico" se sont donc déplacés vers d'autres villes, en particulier Culiacan, le chef-lieu de l'état de Sinaloa.
Il n'y a pas de problèmes entre les traffiquants et les touristes. Il y a des problèmes entre traffiquants de bandes rivales ou entre la police et les traffiquants.
De nombreux mazatlèques disent que c'était beaucoup mieux quand il y avait les narcos, parce qu'ils laissaient d'énormes pourboires, faisaient construire des écoles, églises... Ils disent que l'économie locale était beaucoup plus forte.
D'autres disent que c'était plus dangereux, surtout pour les jeunes qui pouvaient être tentés ou contraints de rentrer dans une bande. Je n'ai moi même eu aucun problème à Mazatlan ( hum c'est pas vrai, une fois je suis sorti pour carnaval et je me suis fait taper dessus par des types bourrés, l'année suivante, en semana santa j'ai reçu une bouteille sur la tête dans une rue, après je ne suis plus sorti à ces époques... Il y a jusqu'à 800 arrestations par jour durant carnaval et semaine sainte ; donc en deux semaines, plus que durant tout le reste de l'année.)
Un petit truc à savoir, il n'est pas autorisé d'uriner dans les rues. Deux mois après mon arrivée à Mazatlan, je me suis arrêté pour acheter une ballena (bouteille de bière de 1 litre consignée) et j'ai pissé sur un arbre, deux policiers sont sortis de nulle part en courant et m'ont dis qu'ils allaient m'emmener en prison; j'ai rigolé (erreur) et leur ai demandé si ce n'était pas un peu éxagéré d'emmener quelqu'un en prison pour avoir uriné sur un arbre, ils m'ont alors dit que je faisais de l'exhibitionisme, j'ai encore rigolé (oui je sais), ils ont parlé dans leur radio et là j'avais soudain 15 policiers autour de moi, ooops! les serveurs du resto où je jouait et avec qui je partageais le taxi ont réglés le problème mais ça leur a couté beaucoup plus cher que si j'avais juste répondu "comment peut on s'arranger"? bon, après je savais...
La Plazuela Machado est le coeur de la vieille ville, "centro historico" (centre historique) appelé aussi centro histerico (dois-je traduire ?) Calme durant la journée cette place devient chaque soir très animée, en 1999 il y avait le restaurant Pedro y Lola, le cafe Pacifico et l'Altazor cafe, il y a maintenant 12 restos et les rues adjacentes se remplissent. Le Pedro y Lola est le pionnier avec de la musique live depuis le début. J'y ai joué trois ans en solo et avec mon groupe de jazz.

De nombreux endroits ont maintenant des animations musicales, guitaristes-chanteurs de "trova", pop, blues, jazz... Le Pedro y Lola est une valeur sure, excellente cuisine. Le Domitila propose une cuisine mexicaine plus traditionnelle, la Tramoya est très bon, il y a un resto de sushis, un Beach Burger ... pour tous les goûts...

A quelques pas de la Machado il y a le bar la Tertulia rempli à craquer le week-end où la bière "Pacifico" est à 10 pesos. L'endroit est tenu par des "forcados", les forcados sont des gens qui lors d'une corrida vont se mesurer au taureau à mains nues. http://www.youtube.com/watch?v=drrKlyXlBNU&feature=related

Ils forment une ligne de huit personnes environ et doivent immobiliser l'animal quand il leur fonce dessus ... Mon ami Andrew fut pendant un an le premier (et dernier?) forcado canadien avant d'arrêter suite à une mauvaise fracture du genou.

En 2000 nous partagions un appartement, en nous réveillant le 31 décembre, nous avons fait du café, allumé la télé et vu qu'au Japon ils allaient fêter le nouvel an ! Nous avons pris un verre ("caballito" petit verre étroit dans lequel on sert la téquila) de téquila, puis nous avons célébré avec les philippins, puis les vietnamiens, puis les indiens ... oui oui, on a réussi à tenir jusqu'au soir ...

La Machado abrite le théatre municipal Angela Peralta ou des évènements ont lieu de façon casi journalière, on y a vu Claude Bolling, Tito Puente, John Mayall, Lorenzo Garriga ...
Contiguë au théâtre, l'école de danse contemporaine "Los Delfos", l'école de musique, l'école de peinture, de sculpture.
Les rues adjacentes abritent de nombreux artistes peintres et sculpteurs, la plupart seront heureux de vous recevoir dans leurs ateliers, "Pito" Perez est l'un d'eux ; un personnage débordant d'énergie chez qui j'ai eu le privilège de partager plusieurs soirées à disserter sur la musique et l'éxistentialisme.

Quatre patés de maisons (cuatro cuadras) à l'ouest on est à "Olas Altas" (hautes vagues), la plage de la vieille ville où l'on peut voir des "surfers" presque tous les jours. Le bar "Puerto Viejo" (vieux port) est un endroit parfait pour le coucher de soleil, il y a des concerts généralement en fin de semaine, "Beto", le patron est très sympa. Il y a quelques hotels en front de mer (compter 300-400 pesos), dont le rénové hotel Freeman avec piscine et terrasse où l'on peut boire un verre sur le toit, c'est ici qu'à lieu le carnaval chaque années.
Je conseille d'éviter complètement les périodes de carnaval et "semana santa", des dizaines de milliers de personnes viennent à ces époques de tout le Mexique, la quantité de gens et l'alcool rendent la ville beaucoup moins plaisante. Semana Santa veut dire semaine sainte, hum, les mazatlèques l'appelent la semaine de la sainte bière...

L'autre partie importante de la ville est la "zona dorada" (zone dorée), pas grand chose à dire, des grands hôtels, des discothèques... Le bar Gus and Gus offre de la bonne musique en live, le restaurant Mister Ace est très bon mais je ne sais pas si le patron joue toujours du piano. Intéressant, on peut entrer dans un hôtel sans y être logé et s'installer au bord de la piscine et se baigner si l'on prend une consomation (voir les "happy hours" où l'on a deux boissons pour le prix d'une). Sur la plage, locations de jetski, parasailing, hobbycat qui vous emmène jusqu'à la "isla del venado" ( l'île au cerf). Mazatlan veut dire en Nahuatl "terre du cerf", mais les cerfs ont presque disparus et sont maintenant protégés. Comme les tortues marines qui viennent pondrent chaque années sur les plages.
Entre décembre et mars on peut voir de nombreuses baleines qui passent dans leur voyage migratoire, depuis peu une société organise des sorties d'observation. http://www.oncaexplorations.com/
J'ai pu voir des baleines de nombreuses fois très près des côtes, tellement près qu'à deux reprises j'ai vu une baleine échouée sur la plage de Olas Altas. On voit également de nombreux dauphins ; à bord du voilier de mon ami Eduardo,"mi casa" (ma maison), c'est souvent que des dauphins nous accompagnaient pour un court moment. Un jour j'ai pu en toucher un depuis le pont. http://sailmicasa.com/



Au nord de Mazatlan, il y a "playa bruja" (plage sorcière), nommée ainsi pour le bruit que provoque parfois le vent en jouant avec les rochers, on y trouve quelques "palapas" restaurants-huttes en bois, poisson frais, homards, endroit très fréquenté par la population locale surtout le week-end.

Quelques jours après mon arrivée, j'entend parler de "la isla de la piedra" (l'île de la pierre), une presqu'île en fait, plage et cocotiers comme on s'imagine ; Quelques restaurants (palapas) sur la plage et une forêt de cocotiers immense. On mange du poisson du jour grillé au feu de bois, là-bas je suis devenu ami avec Victor, qui tient une palapa où je suis allé me ressourcer très souvent. Là, on est loin de la ville et c'est bon. Bien sur le tourisme à fait proliférer récemment les locations de quads mais on peut toujours passer des journées très dépaysantes, du hamac à la mer au hamac par exemple, en sirotant l'eau d'une noix de coco ouverte devant vous avec une machette, les Mexicains ajoutent à l'eau du "chile" (piment), ils ajoutent du chile et du citron vert dans beaucoup de plats, il y a des bonbons au chile ! Des ballades en cheval sont également proposées. Parfois je restais dormir sur l'île, dans un hamac, dans une cabane louée pour quelques euros, on aussi s'arranger avec le patron d'une palapa pour planter une tente dans le jardin ou encore louer une chambre. Le calme absolu ! En fin d'après-midi les visiteurs s'en vont et les palapas se ferment et la plage est à vous, tranquilité. Prévoir de la boisson et des snacks car tout est fermé jusqu'au lendemain. En parlant avec un pêcheur local, il m'a invité à dîner dans sa cabane et nous sommes devenus amis. Quelquefois des fêtes ou raves sont organisées sur la plage, pour cela il fut se connecter avec la jeunesse de Mazatlan, les mazatlèques sont très sociaux, ce n'est pas un problème. L'île est une réserve indienne, il n'est pas possible d'y acheter un terrain ou une maison si l'on est pas indien mais on peux y louer à la journée ou au mois ; j'ai souvent pensé m'y installer, mais jouant tous les soirs ou presque dans Mazatlan, cela rendait les trajets pénibles. Pour accéder à l'île, il y a deux embarcadères où pour moins de 20 pesos aller-retour, on emprunte une "lancha" (barque) hors-bord qui effectue la traversée en quelques minutes. Un des deux embarcadères se trouve non loin du phare de Mazatlan, le plus haut phare naturel du monde (157 mètres). Cet embarcadère ferme à 18h, l'autre est ouvert 24h/24 mais la nuit vous devez avoir une lampe-torche pour faire des signaux de l'autre côté et ils enverront une lancha.
Un jour sur l'île j'ai emprunté le vélo de Victor et voulu voir ce qu'il y avait au sud. J'ai donc commencé à pédaler en tout début d'après midi, après quelques kilomètres de plage il y a un hotel de luxe avec un golf, plus loin on longe l'aéroport, et plus loin, y'a plus rien ! Plage et sable, plage et sable ... Je regarde ma montre et il est presque 16h et je joue à 19h dans la zona dorada, demi tour ! et là, j'ai compris mon erreur ... J'étais assez fier de la distance parcourue, ouah ! Je suis vraiment en bonne forme, pédalant dans le sable ( sable dur d'accord, au bord de l'eau) j'ai été vraiment loin ! Et oui ... Mais je n'avais pas fait attention que j'avais le vent dans le dos ! Et pour revenir je l'avais de face ! Et soudain je me trouve très lent, très très lent ; et bien sur la marée monte ! Je suis arrivé chez Victor à 18h30, exténué, je joue à 19h et il faut que j'aille me changer et traverse toute la ville, oui je suis arrivé vraiment en retard ce jour là.
Si vous souhaitez des renseignements particuliers laissez moi un commentaire ou email je vous répondrai


http://www.whatsupmaz.org/ (un site avec forum et annonces dédié à Mazatlan, en Anglais)

http://www.myspace.com/lorenzogarriga (ma page musique sur myspace)

http://www.youtube.com/watch?v=mR241yAqA0I (une video ou je joue au bar l'absynthe à Antibes)

http://www.el-piano.fr/ (mon site)

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1 commentaire:

  1. Des histoires écrites ainsi il devrait y en avoir plus ! Merci de ce merveilleux partage !

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